27/09/2007

En savoir un peu plus sur les MGF...

Par le professeur Jean-Jacques Amy(1)

Les MGF sont pratiquées dans 28 pays africains, mais pas dans toutes les communautés d'un même pays et elles ne sont pas toujours limitées aux populations musulmanes (certains chrétiens coptes et animistes les pratiquent). Sont ainsi concernés le Mali, le Nigéria, l'Ethiopie, la Somalie (plus de 95 % des femmes), Djibouti, le Soudan, le Sénégal, l'Egypte, le sud de la péninsule arabique; en Asie, les MGF se retrouvent en Indonésie et chez les Kurdes d'Irak.

Types de MGF

- Ablation du clitoris (clitoritectomie) et suture de la vulve
ablation du clitoris et des petites lèvres
- infibulation (Somalie, Ethiopie, Djibouti) : ablation du clitoris, des petites lèvres, d'une partie des grandes lèvres et suture des moignons des grandes lèvres dans le but d'enlever toute possibilité de jouissance normale et de refermer l'ouverture du vagin, assurant ainsi la virginité des femmes jusqu'au mariage. Cette pratique crée un "mur cicatriciel" qui ne laisse qu'un minuscule orifice pour l'écoulement des règles et de l'urine. La miction devient une véritable torture qui dure 10 à 20 minutes; souvent, la vessie ne se vide pas, ce qui provoque des infections urinaires de la vessie ou des reins. L'urine peut aussi remonter dans le vagin et engendrer une inflammation permanente du vagin avec parfois la présence de calculs. Le clitoris est un organe très riche en terminaisons nerveuses et leur sectionnement peut donner naissance à des petites tumeurs extrêmement douloureuses.
N.B. Dans certaines sociétés, il s'agit juste d'une petite incision dans le clitoris pour produire une goutte de sang.

Complications immédiates

- risque d'hémorragie au moment de l'ablation du clitoris et/ou des lèvres
- Complications opératoires, infections dues aux conditions des pratiques (lames de rasoir, couteaux non stériles, application de charbon de bois ou de jaune d'œuf à l'aides des mains sur la plaie)
- Développement de champignons sur la plaie à cause des épines d'acacia que l'on utilise pour suturer et qui en portent les germes
- Tétanos
- La souffrance ressentie lors d'une opération pratiquée à vif accroît le traumatisme psychologique
- Les jambes sont liées l'une à l'autre pendant 6 semaines; l'urine et les selles s'écoulent sur la plaie et, outre la douleur, provoquent des infections
- Les conditions de la pratique (lames de rasoir, tessons de bouteille, couteaux de cuisine ...) forment souvent des kystes dermoïdes

Conséquences

Les MGF se pratiquent sur des fillettes et des jeunes femmes de quelques semaines à l'âge précédant le mariage (21-22 ans).
A cause du mur cicatriciel, les rapports sexuels sont impossibles et l'époux ouvre alors l'entrée du vagin de sa femme avec un couteau ou une lame.
Le premier rapport suit immédiatement après.
Mais même si la cicatrice n'a pas été complètement ouverte et qu'une pénétration totale est donc exclue, la fécondation est possible et l'accouchement s'avère alors extrêmement difficile voire impossible (durée du travail extrêmement longue, mort possible de l'enfant, développement de fistules...).
L'intervention adéquate du médecin ne consistera pas en une césarienne, mais bien en une défibulation.
La défibulation peut se pratiquer chez la femme non enceinte, enceinte ou en cours d'accouchement.
Partant du petit orifice, elle consiste à introduire un doigt et à inciser vers ce qui fut la vulve.
Une plaie est produite à gauche et à droite que l'on suture.
Il n'y a pas restitution des structures enlevées mais l'ouverture du vagin retrouve un diamètre normal et les rapports peuvent se dérouler sans un inconfort énorme tandis que les menstrues et la miction sont normales.

Jean-Jacques Amy

(1) : Dr Jean-Jacques AMY, Gynécologue et Professeur à l'Université Libre de Bruxelles, texte présenté à Eupen le 17 octobre... 2001. (Extrait du site du GAMS www.gams.be)

00:11 Écrit par AbdoulJak dans 17 oct. 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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