21/11/2008

RUBAN BLANC CONTRE LES MGF

RUBAN BLANC CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES :
OUI... CONTRE LES MGF AUSSI

Marcel va bientôt avoir 7 ans, son grand-papa lui a dit que bientôt on ferait une fête pour lui, qu'il recevra des cadeaux et que c'est une tradition depuis plus de 4000 ans qui fera de lui un vrai homme en qui sa future épouse aura confiance.
Ce jour est arrivé, Marcel a été conduit de bon matin loin de chez lui par son grand-père, près d'une maison qu'il ne connait pas, plusieurs hommes sont rassemblés. Marcel est ému, tous ces hommes sont venus pour sa fête à lui. On le fait rentrer dans une pièce où quatre hommes déculottent Marcel tout en lui tenant solidement les bras et les jambes, il voit un vieillard sortir d'un linge une lame de rasoir. Tout à coup il se rappelle ce que lui a dit son grand père la veille, "tu auras un peu mal mais tu seras un homme". Marcel ne peut retenir ses larmes tandis que le vieillard lui saisit son zizi comme on dit à l'école. Le vieillard fait sortir le gland du prépuce et d'un coup le lame, il le coupe. La douleur est terrible, Marcel hurle, le sang gicle, il s'évanouit. Pendant ce temps d'autres hommes s'affairent avec de drôles mixtures à base de sucre et de plantes aromatiques, un autre enfile une aiguille à coudre. La plaie ouverte est couverte par cet étrange onguent tandis que le prépuce est étiré et cousu tout autour d'une fine paille comme on met dans les bouteilles de coca. Quand Marcel se mariera, la nuit de noces sa femme pourra ainsi "l'ouvrir" et constater ainsi que Marcel est vraiment le mari idéal.

Fiction bien sûr que ce récit d'une excision/infibulation au masculin, rassurez-vous mes frères hommes vos fils ne risquent pas de telles souffrances. Cela c'est pour les femmes et filles de 23 pays africains et quelques autres bien loin de notre civilisation.

"Ruban blanc contre les violences faites aux femmes", on va beaucoup en parler dans quelques jours et c'est un bien (qu'on en parle). En tant que coordinateur du Collectif liégeois contre les Mutilations Génitales Féminines et animateur d'une association d'amitié entre habitants d'Europe et de Djibouti, je suis souvent avec, mes ami(e)s membres du collectif (médecins, avocats, assistants sociaux mais aussi simples citoyens), appelé à présenter ce problème dans des conférences.

L'excision et l'infibulation ne concernent que les femmes tant du côté des victimes que des pratiquantes des actes, parce que c'est une tradition qui remonte à plusieurs millénaires, transmises par les femmes, c'est un fait mais quelque part, même si c'était encore un sujet tabou dans les pays concernés il y a dix ou vingt ans, des voix se font entendre, de nombreuses femmes disent non à ces pratiques barbares, se révoltent, prennent des risques importants... et cela c'est peut-être le seul bienfait de la "mondialisation".

La (pseudo) libre circulation des êtres humains fait que nos pays dits civilisés découvrent avec horreur ces traditions qui chaque année touchent des millions de fillettes dans leur intimité, dans leur chair, dans leur féminité aussi, et la plupart des femmes ayant été victimes de ces atrocités s'aperçoivent que ces traditions ne sont pas appliquées dans le reste du monde, dans le reste de l'Afrique. Elles s'aperçoivent même que l'Islam, parfois invoqué comme justificatif, ne se prononce pas pas pour ces pratiques. Ainsi donc, depuis des millénaires, les femmes se mutilent pour être pures, bonnes à marier et à concevoir des enfants. Le plaisir c'est nada ! Les femmes non excisées sont des putains, c'est comme çà qu'on les leur présente. Et leurs hommes se taisent, c'est tabou, ce sont des histoires de femmes, et çà les arrange bien, pour eux le plaisir est toujours au rendez-vous.

Les MGF sont interdites dans l'immense majorité des pays où elles se pratiquent, y compris en Europe, mais tout le monde sait bien que l'application des lois est souvent très aléatoire surtout dans des pays ne bénéficiant pas d'une longue tradition démocratique. A Djibouti, malgré l'interdiction, malgré l'information faite dans les écoles, les hopitaux, les villages, 98 % des petites filles sont toujours concernées. Les fillettes qui vivent dans nos pays, dits civilisés, ne sont pas protégées, un retour au pays pour les vacances est toujours risqué, de plus - sans que l'on puisse avancer des chiffres - on sait que des exciseuses pratiquent en France comme aux Pays-Bas.

Le 6 février 2009, ce sera la Journée Internationale "Tolérance Zéro aux Mutilations Génitales Féminines" les associations qui, en Belgique, traitent le sujet organiseront nombre d'activités pour sensibiliser la population belge aux MGF (Journées d'études, conférences, expositions, animations...), c'est bien mais c'est trop peu par rapport à l'étendue du problème. Mais c'est vrai qu'il y a tant d'autres choses pour lesquelles il faut se battre et que les MGF, pour certains, c'est une histoire accessoire, c'est pourquoi - au niveau liégeois au moins - nous voulons intégrer cette problématique à toutes les luttes en rapport avec les Droits de l'Homme et que nous répondons "présents" à toutes les demandes d'associations désirant informer leurs membres sur les MGF, évidemment il faut savoir que le CMGF ne dispose pas de moyens ni de personnel, nous sommes toutes et tous bénévoles, même si des associations importantes participent au collectif.

Alors Ruban Blanc aussi contre les MGF !

Jacques Chevalier
Coordinateur du CMGF,
Co-fondateur de l'association LîDjibouti

http://cmgf.aceboard.fr
http://lidjibouti.skynetblogs.be
Contact : 0476/47.93.88
Poste : CMGF c/o CAL, 86 Bd d'Avroy 4000 LIEGE

12:02 Écrit par AbdoulJak dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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